Samyé-Chimphu

Écrit par Paul Baffier
Blog | Culture et traditions
Dans cet article, découvrez Samyé-Chimphu, haut lieu du Dzogchèn au Tibet. Paul Baffier en révèle l’histoire et la portée.
Série : La lignée
Samyé-Chimphu (bSam yas mchims phu)
Samyé, c’est le tout premier monastère bouddhiste au Tibet, et Chimphu (prononcer : Tchimpu) c’est son lieu de retraite, à 1/2 journée de marche.
Samyé-Chimphu il y a trop de choses à dire.
Presque impossible.
“Samyé-Chimphu fait ainsi partie des huit lieux de force du Tibet et du Bhoutan consacrés par le Né-du-Lotus et par Yéshé Tsogyal.
Il y a tellement de choses à dire ! ”
Samyé d’abord c’est un point géomantique bien précis, là où Santarakshita oignit la tête de l’empereur Trisong Detsen avec de la terre essentielle (sa zhag) de couleur blanche, rouge et jaune, excellents présages de souhaits réalisés et d’enseignements propagés.
Chimphu, on dit que la montagne y est comme un lion de turquoise bondissant, que la vallée est un lotus épanoui.
Samyé, c’est là où un complexe de temples commença à se bâtir, en dépit des forces élémentaires, des esprits serpentins des eaux et des courroux chtoniens.
Samyé, c’est le lieu impossible à construire, qui mit 52 années (762-814) à se voir bâtir, le lieu-prétexte pour appeler le Né-du-Lotus, Padmasambhava d’Oddiyana, qui avait atteint la réalisation sublime à Maratika là où Amitabha et Tara lui étaient apparus pour lui délivrer tous les enseignements des trois temps.
Chimphu, on dit que Padmasambhava a béni le site en y faisant une danse vajra et que le mur d’enceinte y fut construit en fonction de son ombre immense, qui était tombée lorsqu’il dansait.
Samyé, c’est là où le Né-du-Lotus dompta les esprits telluriques du Tibet et instaura un haut lieu qui fit rayonner l’enseignement pendant des siècles.
Samyé-Chimphu, on dit que le premier temple qui y fut construit était dédié à Tara, car c’est grâce à Tara que l’empereur Trisong avait généré l’esprit d’Eveil, grâce à Tara que les obstacles avaient été éliminés.
Samyé, c’est le temple où le vieux reçut l’instruction Dzogchèn du pointé de bâton.
Chimphu, Jigmé Lingpa dit que l’empereur Trisong y resta en retraite et y rédigea aussi son traité de logique ; et Khyentse Wangpo qu’il y avait fait construire des maisons de retraite.
Samyé, c’est le lieu où il fallait remplacer une fois par an le billot de bois que l’entourage du rouge yaksha protecteur Tsi’ou-mar entaillait pour réduire en pièces les individus pervers, là où il jugeait le karma des défunts.
Chimphu, c’est la grotte où la fleur des vingt-cinq disciples était tombée dans le mandala, la grotte où Gyalwa Chokyang atteignit la réalisation, la grotte où tant de maîtres Dzogchèn d’après sont venus se réaliser en flot continu pendant plus d’un millénaire : Longchènpa, Rangjung Dorjé, Jigmé Lingpa…
Samyé-Chimphu, on dit que les statues des temples y avaient été faites selon l’apparence des proches de l’empereur, la statue de Tara sur le modèle de la belle reine Chokro-sa.
Il y avait tellement de statues et de peintures.
Samyé-Chimphu fait ainsi partie des huit lieux de force du Tibet et du Bhoutan consacrés par le Né-du-Lotus et par Yéshé Tsogyal.
Il y a tellement de choses à dire !
Bibliographie
- « Chronology, Small chronological compendium of various masters », compiled by Konchok Tendzin (M. Ricard), Shechen Monastery, Nepal
- Tcheuky Sengué, Petite Encyclopédie des Divinités et Symboles du Bouddhisme Tibétain, 2002, Claire Lumière.
- Matthew Akester et mKhyen brtse dbang po, Jamyang Khyentsé Wangpo’s Guide to Central Tibet, Chicago, 2016, Serindia Publications.
- Jigmé Lingpa, The Kalaviṅka’s Call: a Guide to Glorious Samye-Chimpu : https://www.lotsawahouse.org/tibetan-masters/jigme-lingpa/kalavinkas-call-samye-chimphu
Nyangral Nyima Öser, L’instruction du pointé de bâton : https://dzogchentoday.org/fr/the-instruction-pointe-baton/
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