Phénomène

Écrit par Damien Brohon
Blog | Termes du Dzogchèn
« Phénomène » est le deuxième article d’une nouvelle catégorie conçue pour mieux comprendre les mots et concepts essentiels du Dzogchèn.
Serie: Les termes du Dzogchèn
Phénomène
Le mot français « phénomène » peut traduire plusieurs termes tibétains – avec des connotations complémentaires. Un phénomène est ce qui apparaît à une conscience (nang wa/snang ba). Sans esprit, pas de phénomène, car sinon rien n’est connu – même l’idée de quelque chose d’inconnaissable par l’esprit reste un phénomène mental pour l’esprit. Ce dernier terme recouvre les consciences sensorielles et la conscience mentale : le pôle connaissant et le pôle connu sont mutuellement dépendants comme le montre le terme “yul tchèn” qui signifie littéralement un « possesseur d’objet », tandis qu’un objet (yul) se définit comme « ce qui est connu par la conscience ». Les phénomènes sont effectivement tout ce que l’on peut expérimenter par les six consciences. Ils constituent ainsi les éléments de base de la réalité (skt. dharma, tib. chös) car ils tiennent (skt. dhar) leurs caractéristiques propres. Enfin, l’approche du Dzogchèn peut être qualifiée de phénoménologique car elle fait des phénomènes l’accès à leur nature primordiale – la dharmata (skt.) chönyi/chos nyid (tib.), soit la Réalité des phénomènes. Dans cette perspective ceux-ci sont les ornements (gyän/rgyan) de souveraine manifestation (thougdjé/thugs rje). Selon qu’ils soient reconnus ou non dans leur nature, ils apparaissent comme “purs” (ornements de compassion) ou “impurs” (facteurs conditionnés).
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