Ignorance

Écrit par Paul Baffier
Les bases du Dzogchèn | Termes du Dzogchèn
Dans cet article, Paul définit L’ignorance (ma rig pa) : ignorer sa propre nature, donc croire à l’existence d’un soi et d’une réalité phénoménale existants par eux-mêmes.
Série : Les termes du Dzogchèn
Ignorance (ma rig pa)
L’ignorance (ma rig pa), c’est ignorer sa propre nature, vide et lumineuse, donc croire à l’existence d’un soi et d’une réalité phénoménale existants par eux-mêmes. C’est la non-présence (ma) à ce qui est le plus immédiat et le plus intime en nous : l’évidence primordiale (rig pa).
Plus précisément, la Grande Perfection distingue trois modalités d’ignorance :
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l’ignorance causale de la manifestation primordiale unique (bdag nyid gcig pa) de la nature de l’esprit en tout phénomène : l’ignorance causale est la mère de tous nos tracas, la source de tous nos scénarios illusoires, la non-connaissance de la base primordiale (ye gzhi), mais c’est également la présence continuelle de l’évidence primordiale (rig pa) dans cette ignorance ;
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l’ignorance innée ou « spontanément apparue » (lhan skyes ma rig pa) : c’est la saisie d’un soi permanent, maître et possesseur de ses agrégats — pourtant transitoires et sujets à la destruction — entraînant la souffrance de renaissances sans fin ; une ignorance aveugle qui ne voit ni ne connaît ;
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l’ignorance acquise ou « totalement imputée » (kun brtags ma rig pa) : c’est la vue conceptuelle erronée consistant à “labelliser” (brtags) tous les phénomènes — pourtant non-établis ou vides en essence et dont l’apparition est produite par la dualité du sujet-objet — comme existant par eux-mêmes indépendamment. Cette vue erronée est « acquise » au sens où elle est apprise via des systèmes éducatifs, culturels ou philosophiques, qui n’enseignent pas la co-production conditionnée des phénomènes. C’est un aspect actif de l’ignorance qui croit voir autre chose que ce qui est véritablement.
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