Lumière d’étoiles

Ecrit par Mila Khyentse
Blog | Et moi dans tout ça ? | Réflexions sur la vie
Dans « Lumière d’étoiles », Mila Khyentse parle des nuits d’hiver, de la lumière des étoiles et de celle de l’esprit. Il suffit de lever les yeux !
Les ciels d’hiver sont propices à admirer la féérie constante qui se déroule sous nos yeux. Pour peu qu’on veuille bien faire « l’effort » de les lever !
Contempler la voûte céleste nous propulse dans un autre monde, une autre réalité, généralement plus vaste, plus spacieuse que notre existence quotidienne. Embrassant le ciel en un regard, nous pouvons alors prendre conscience que nous sommes bien plus que la somme de nos actions du jour.
Quel spectacle incroyable ! Le clignotement de la lumière des étoiles (tib. skar ma’i ‘od, prononcer karmä ö) perce les ténèbres de l’espace et lui donne vie. Le ballet des constellations (tib. skar ma’i chags stangs, prononcer karmä tchagtang) se déploie sans fin de la tombée de la nuit au lever du jour, nuit après nuit. On s’aperçoit que ce que l’on appelle « ténèbres » est en fait rempli de vie et de mouvement.
« Dans la tradition du Dzogchèn, on dit qu’observer le ciel étoilé est comme observer la magie infinie de notre propre esprit. »
Dans la tradition du Dzogchèn, on dit qu’observer le ciel étoilé est comme observer la magie infinie de notre propre esprit. Dès qu’on pense à lever la tête, on réalise à nouveau que l’on fait partie d’une réalité bien plus belle, bien plus essentielle que ce que l’on croit habituellement. D’ailleurs, certaines pratiques que l’on fait lors de temps de retraite dans cette tradition, nous permettent « d’utiliser » la lumière des étoiles pour reconnaître celle de notre esprit. Je dois l’avouer, ce sont les pratiques que j’ai le plus aimé pratiquer lors de ces temps-là. Sortir et s’asseoir devant la porte de son ermitage et assister au lever des étoiles jusqu’à leur coucher, comme les bergers, est une expérience extraordinaire. Assister à la danse sans fin du clignotement naturel de l’espace de la réalité est complètement au-delà des mots. Et surtout, réaliser que tout cela se passe au sein de notre propre esprit permet de se dire : « je ne suis pas (que) mon quotidien pénible ».
Alors, en ces nuits les plus longues de l’année, je nous souhaite à toutes et tous de pouvoir nous arrêter quelques minutes et de simplement contempler la voûte étoilée de notre propre esprit. Pour nous rappeler ce que nous sommes vraiment.
Excellente fin d’année !